Les archives historiques de l’Hôpital national des 15-20, dont la préservation remonte à 1260, constituent l’un des fonds d’archives parmi les plus volumineux et les plus riches que l’on puisse trouver pour un établissement hospitalier en France. Aujourd’hui, elles rejoignent officiellement les Archives nationales. Pour marque l’événement une conférence de presse s’est tenue mercredi 17 septembre à l’Hôtel de Soubise.
Moment historique : transfert d’un trésor national
Trésor d’une valeur inestimable, le fonds des 15-20 comprend parchemins anciens, chartes, bulles pontificales et actes relevant de la quasi-totalité des rois de France depuis le XIIIe siècle. Des documents plus récents, tels que les grandes séries de registres de patients du XIXe siècle, font également partie de ce considérable patrimoine archivistique et historique.
Ce fonds était conservé jusqu’à présent par l’établissement lui-même. Il rejoint les Archives nationales où les meilleures conditions de conservation et de sécurité lui seront assurées. Une fois inventorié, il sera aisément accessible à tous pour toutes sortes d’études scientifiques et ouvert au plus grand nombre.
Un fonds d’archives témoin de 750 ans d’histoire
Fondé par le roi Louis IX, dit Saint Louis, vers 1260, l’Hôpital national des 15-20 a traversé les siècles en constituant un ensemble d’archives d’une valeur patrimoniale rare.
Ces archives, couvrant près de huit siècles, rassemblent ainsi actes royaux, bulles pontificales, arrêts de justice, règlements variés, actes notariés, archives foncières. Elles documentent également la vie quotidienne et les activités de l’hospice, de l’infirmerie et de la clinique, en particulier pour le XIXe et une partie du XXe siècle.
Le fonds est constitué de plusieurs ensembles :
- les actes des pouvoirs laïques et religieux en faveur de l’établissement, ainsi que ses statuts
- les archives foncières (titres, baux…).
- les archives de fonctionnement de la clinique créée au XIXe siècle
- les dossiers de travaux sur les bâtiments
- les dossiers individuels des agents de la clinique ainsi que ceux des pensionnaires
Depuis le XIIIe siècle l’institution bénéficia de nombreuses faveurs et exemptions d’impôts. Tous les rois de France jusqu’à Louis XV confirmèrent ses privilèges. Les bulles pontificales, du XIIIe au XVIIe siècle, accordèrent également indulgences et privilèges aux bienfaiteurs des aveugles de Paris. Administré comme un chapitre cathédral, placée sous l’autorité du grand aumônier de France, l’hospice accumula un riche patrimoine foncier grâce à des dons et legs, dont celui, très célèbre, de Nicolas Flamel. Ce fonds très riche est une source formidable pour écrire l’histoire !
L’Hôpital national des 15-20 : 750 ans d’excellence au service des patients
Fondée par Saint Louis, au centre de Paris, dans un espace qui s’étendait de l’actuelle place du Palais Royal jusqu’au milieu du jardin des Tuileries, en une congrégation dite « la maison des pauvres aveugles de Paris ». L’hospice royal avait pour vocation l’hébergement de 300 aveugles, quinze fois vingt membres, selon la manière ancienne de compter par vingtaine.
>Dénommée congrégation des Quinze-Vingts dès le Moyen Âge, l’établissement est transféré en 1779 rue de Charenton dans l’ancien Hôtel des Mousquetaires Noirs. L’hospice évolua à la fin du XVIIIe siècle en clinique ophtalmologique gratuite, confirmant la volonté de soigner les personnes malvoyantes. Au fil des siècles, l’établissement devient ainsi une référence internationale dans le traitement des maladies oculaires.
Il est aujourd’hui l’hôpital public français de référence pour l’ophtalmologie et la lutte contre les pathologies de la vision.
Un travail de valorisation et d’accessibilité
Les équipes scientifiques et techniques des Archives nationales ont entrepris un vaste chantier :
- Dépoussiérage, reconditionnement et restauration des pièces les plus fragiles ;
- Description et inventaire détaillés du fonds ;
- Numérisation progressive d’ensembles particulièrement intéressants en vue d’une mise en ligne dans la salle de lecture virtuelle des Archives nationales.
Lorsque l’inventaire sera achevé, l’ensemble du fonds sera consultable dans la Salle de lecture virtuelle (SLV) des Archives nationales. Toutes les pièces qui seront numérisées seront liées à l’inventaire et accessibles librement sur Internet.
La partie la plus ancienne du fonds, celle qui remonte aux siècles antérieurs à la Révolution est installée sur le site parisien des Archives nationales, qui conservent dans leur quadrilatère du Marais, les archives des rois de France et celles des notaires de Paris. Les archives du XIXe et du XXe siècle ont été transférées sur le site de Pierrefitte-sur-Seine des Archives nationales, en Seine-Saint-Denis, où elles rejoignent plus de 150 mètres linéaires d’archives des 15-20 déjà conservées par l’institution, et bien d’autres archives publiques du monde de la santé et des affaires sociales postérieures à la Révolution.
Un lien vivant avec l’Hôpital des 15-20
L’établissement pourra continuer à valoriser son histoire grâce à des prêts ponctuels pour des expositions. Également, avec l’usage des numérisations en haute définition que réalisent les Archives nationales. Dès cette année, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre. En effet, plusieurs pièces majeures issues de ce fonds ont exceptionnellement été exposées à l’Hôpital des 15-20.