Guide de la douleur
53 Prendre en charge la douleur en ophtalmologie patients en souffrance, imagerie en microscopie confocale cornéenne in vivo, empreintes conjonctivales avec des analyses immunocytologiques ou en bi- ologie moléculaire. Nous avons également débuté un programme d’évaluation en neuro-imagerie en collaboration avec le service de neuro-imagerie du Centre National d’Oph- talmologie des Quinze-Vingts (Dr C. Habas). L’IRM fonctionnelle permet en ef- fet d’identifier de manière totalement non-invasive l’activation des noyaux de projection du trijumeau et des centres de la douleur. Nos premiers résultats laissent espérer une meilleure visualisation cérébrale des centres impliqués dans la douleur, ce qui permettrait de discriminer les douleurs d’origine cen- trale par rapport aux douleurs périphériques. La corrélation entre l’inflamma- tion de surface et l’activation neuronale centrale chez les patients souffrant de douleurs oculaires chroniques permettra de mieux cibler et identifier les causes de la douleur en l’orientant la thérapeutique vers des causes locales ou une stratégie antalgique spécifique. Parcours du patient : Les patients souffrant de douleurs oculaires chroniques, isolées ou dans le cadre de douleurs neuropathiques généralisées, sont souvent déjà adressés aux XV-XX par des ophtalmologistes en raison de la difficulté à soulager ces douleurs mais aussi à en comprendre les mécanismes. Ces patients sont cependant trop souvent diagnostiqués comme ayant des syndromes secs isolés et sont dilués dans des consultations générales trop peu spécialisées pour l’approche adaptée et multidisciplinaire qu’ils nécessitent. 1. 1- La prise en charge doit donc débuter par une évaluation précise de la douleur, de son intensité, son caractère chronique ou paroxystique, son retentissement sur la qualité de vie et de la vision, à l’aide de question- naires adaptés, déjà mis au point et validés. L’examen clinique compren- dra ensuite une série d’examens ophtalmologiques qui seront assurés par des ophtalmologistes dédiés spécialisés dans les pathologies de surface oculaire. Une série d’examens spécifiques sont en effet nécessaires pour différencier des sécheresses oculaires simples et curables avec des théra- peutiques adaptées des douleurs neuropathiques ou inflammatoires. 2. Les techniques d’imagerie du film lacrymal et de la surface oculaires sont ainsi nécessaires pour étudier le film lacrymal (interférométrie et topog- raphie dynamique), son instabilité étant source de stimulation chronique des terminaisons nerveuses cornéennes, les paupières (meibographie), les
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQwNDQz